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La base de la Grande Dame était bien plus terne qu’Eddie ne l’aurait pensé. D’un beige tirant sur le gris dans la lumière du soir, l’immense piédestal lui faisait beaucoup plus penser à une tombe qu’à une célébration de la liberté.
Il fit un pas vers l’entrée des touristes mais s’arrêta vite. Il ne pouvait pas, c’était quelque chose que Venom voulait voir, il ne pouvait pas… pas sans lui.
Son rythme cardiaque s’accéléra et il se sentit soudainement asphixier, sa poitrine bloquée, l’air n’entrant plus dans ses poumons. Il se recroquevilla sur lui-même, le sol commençant à tourner autour de lui dangereusement. Il n’allait pas s’en sortir, il était seul, à tout jamais, il n’aurait plus jamais une telle relation avec qui ou quoi que ce soit. Il ouvrait la bouche en grand mais l’air refusait touhours d’entrer, il allait mourir seul, comme il l’avait toujours mérité.
Une main se posa sur son épaule et l’espoir naquit de nouveau en lui, une bouffée d’air entra juste assez pour le laisser murmurer "Vee ?" alors qu’il tournait le visage.
Mais l’espoir mourut aussitôt quand il ne reconnut pas la personne qui s'était arrêtée pour l’aider. Pourquoi celle-ci perdait son temps avec un loser comme lui ? Il ne finirait que par lui faire du mal aussi, comme il en a fait à tout ceux qui l’ont approché…
Il allait repousser la main quand son coeur battit fortement dans sa poitrine. Il le sentit comme il ne l’avait jamais fait avant, un battement lent, puissant, douloureux.
Il était en train de faire une crise cardiaque, non ? Il allait se tourner vers l'inconnu quand il se rendit compte qu’il était en fait tombé au sol.
Il ne put que lever les yeux vers l’inconnu qui lui souriait étrangement.
"Ne vous en faites pas, M. Brock, vous ne sentirez bientôt plus rien."
Ah. Ce n’était peut-être pas plus mal… Il allait peut-être rejoindre Venom ainsi ? Est-ce que les symbiotes allaient aussi au paradis ? Ou en enfer ? Vu sa vie, il allait plutôt se retrouver en bas, non ?
Il referma les yeux et attendit la mort sans aucune hésitation.
Qui n’arriva pas.
Il finit par rouvrir un oeil et aperçut que l’inconnu n’était plus présent à ses côtés. Il rouvrit le deuxième et aperçut cette fois-ci une flaque noire hérissée de dents qui finissaient de mâcher ce qui était visiblement l’homme à ses côtés quelques secondes auparavant.
"Venom ?" Réussit-il à croasser en tendant la main vers lui.
Le slime glissa rapidement jusqu’à lui et s’étala autour de sa main, Eddie put enfin respirer alors que sa poitrine se relâchait et l’air emplissait ses poumons.
"Eddie !"
La voix grave de Venom eésonna dans son esprit et Eddie laissa échapper un sanglot de joie.
"Venom ? C’est… C’est vraiment toi ?"
"On t’a cherché partout, Eddie ! Par. Tout !"
"Et tu m’as trouvé, V, tu m’as trouvé…"
Un rire nerveux s’empara de lui, la joie se mêlant à des larmes coulant le long de ses joues sans qu’il ne s’en rende compte.
Il était allongé par terre aux pieds de la Statue de la Liberté, les deux mains à plat sur sa poitrine comme pour mieux sentir Venom en lui, riant comme un malade tout en pleurant, et il se moquait bien de qui pouvait le voir ainsi.
Venom n’était pas mort, Venom l’avait retrouvé, il n’était plus seul.
